Partager l'article ! A chacun sa vérité, à chacun son but ?: ...
Il était une foi un immense radeau, plein de gens, qui naviguait sur un immense océan. Il n'avait pas de voile
et flottait au grès d'un courant qui l'entraînait vers un point précis de l'horizon sans qu'il lui soit possible de changer de direction ni de choisir sa destination.
Toute la journée, toute la nuit l'immense radeau glissait sur les vagues, inexorablement tiré vers un point
qui semblait reculer au fur et à mesure qu'il aurait dû approcher. Sur cette embarcation vivaient cent cinquante personnes. Des habitations de bambou abritaient tout ce monde, d'autres
recelaient des réserves de nourriture, d'autres encore des poulaillers et d'autres, enfin, une chapelle.
Le temps passait à vivre simplement, à dormir, cuisiner, pêcher, entretenir les maisons et attendre. Le destin
collectif des gens du radeau n'était entre les mains d'aucun de ces navigateurs : l'embarcation filait son train sur le courant véloce et il n'y avait rien à faire pour y changer
quoique ce fût. Aussi pour tromper le temps et s'occuper, les voyageurs avaient pris l'habitude, outre de vaquer à leurs tâches domestiques obligatoires, de réfléchir sans limite et de
discuter des fruits de leurs réflexions.
Depuis ils ne savaient pas exactement quand des clans, des courants de pensée s'étaient fait jour sur le
radeau. Il y avait les existentialistes, les déterministes, les nihilistes, les providentialistes, les sargassistes, les égoïstes ( adorateurs de l'ego ), les nordistes, les sudistes, les
estistes et les ouestistes.
Chaque courant de pensée avait son avis sur la vie et dans chaque courant il y avait autant de sortes de
concepts que de tenants. Les existentialistes disaient :
- « Il n'y a pas de but à cette navigation : nous sommes sur l'eau pour jouir du temps qui passe, du ciel, des vagues et de la douceur du
climat... »
Les déterministes disaient :
-« Il y a
un but, une raison à notre venue sur ce radeau et à cette course sur l'eau »
Parmi ceux-ci certains pensaient que le but de cette navigation était de tester leur taux de navigabilité,
d'autres pensaient que le but était d'accéder à une île où un vaisseau spatial les attendait pour les amener sur une planète lointaine avant le 21 décembre 2012...
Les Nihilistes disaient que tout cela ne voulait rien dire et que seule la mort était au bout du voyage. Les
providentialistes croyaient en la providence et attendaient de voir surgir des flots un Dieu marin plein de sagesse et de homards pour leur plus grand plaisir...
Les sargassiques croyaient qu'ils tournaient, n'allant ainsi nul part et que le voyage se faisait dans le
temps et pas dans l'espace. Quant aux égoïstes ils pensaient que chacun avait sa vérité, que chacun était son propre Dieu et que les buts à ce voyage étaient aussi divers qu'eux
même...
Pour ce qui est des nordistes, sudistes, ouestistes et estites; ils pensaient que le but du voyage se trouvait
qui au nord, au sud, à l'ouest ou à l'est. Leur impuissance à diriger le radeau ne changeait rien à leurs convictions car ils étaient tellement occupés à en discuter qu'ils ne regardaient
pas l'horizon.
Pourtant ce radeau filait sur le courant de l'océan dans une direction précise, cette direction était la même
pour tout le radeau et, donc, pour chacun de ses passagers. Tandis que les tenants de chaque théorie discutaient sans fin, se disputaient faisaient assaut d'arguments, d'arguties et de
virtuosité sémantique, l'embarcation allait là où le courant la menait.
Dans la vie c'est comme sur ce radeau : chacun pense ce qu'il veut et le fait savoir mais cela n'empêche
pas le radeau d'avancer dans la direction du courant. La vie humaine a un propos, un seul et les discussions à ce sujet n'y changent rien.
Bien sûr que le but d'un pêcheur de sardines est de pêcher des sardines, tandis que le but d'un footballeur
est de marquer des buts, ou de défendre les siens. Le but d'un homme d'affaires est de faire des affaires et celui d'une femme de fer est de forger son pays à grands coups de masse et à
chaud.
Mais au delà de ces petits buts individuels, existentiels qu'il faut bien avoir pour assumer ce que les
hindous nomment le dharma, il est une cause première à notre création. Cette cause première il faut la découvrir et, une foi découverte, s'y conformer. Si le pêcheur de sardines se
contente de pêcher ses sardines, quand les sardines auront disparues que pêchera t-il ? Et le jour de sa retraite ? Que deviendra son but ? Manger les sardines qu'il aura
pêché ?
Les buts, qu'individuellement chacun fixe à l'horizon de son existence, sont honorables sans doute mais cela
ne doit pas nous faire ignorer le but générique de l'existence humaine. Sur le blog un diaporama décrit ce but, cette raison de notre incarnation.
Discuter sans fin ne nous avancera à rien. Assumez l'existence que vous vous êtes donnée ou que vous subissez
cela ne vous empêche pas de suivre la voie. Elle est compatible avec une vie sociale et familiale riche et peut aussi se pratiquer à
la manière des ermites, chacun y marche de son propre pas...Vous y êtes invités.
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A chacun sa vérité, à chacun son but ?