Partager l'article ! il faut faire.: &nb ...
Dans le ''domaine'' de la spiritualité il y a beaucoup de lectures possibles, beaucoup de livres écrits et
certains en font une collection qu'ils espèrent édifiante. Certains font une liste de livres à lire et ces livres doivent être difficiles à trouver dans une bibliothèque, mais il doit
être possible de se les procurer sur internet, après de fastidieuses recherches.
Il y a la vie des saints, des swamis, l'histoire d'illuminations et d'éveils obtenus après de longues marches
dans l’Himalaya, sous la neige, dans un froid terrible et à des altitudes où il est difficile de respirer. Il y a des références à des pratiques ancestrales hermétiques où seuls certains
élus peuvent oser s'avancer. Certains dévorent ces lectures en pensant qu'ils feront partie de ces élus ou bien que de toutes façons ce n'est pas grave si ils n'y arrivent pas: ils ont le
temps...Ils le feront à leur prochaine incarnation.
En attendant cette occurrence ils continuent leur marotte : collectionner les livres ayant trait à la
spiritualité. Ils achètent des pierres, des cristaux, du miso, du tofu, ils se tirent le yi-king, ils portent des vêtements en coton bio issu du commerce équitable, ils boivent du thé
lapsang souchong en caressant leur chat et en écoutant le chant des bols tibétains sur leur ipod.
Il n'y a là rien à redire, rien à critiquer et pas de quoi se moquer : lire la vie de Krishnamurti en buvant
du earl grey tea, tout en caressant son birman, couché sur ses genoux
est très agréable...
Mais pour ce qui est de la spiritualité il y a un mot, au moins, qui est important: faire. Il faut
faire et pour faire il faut commencer; faire le premier pas. Poser son livre, se lever et aller sur la voie en mettant un pied devant
l'autre.
Si vous n'avez pas soif de Vérité, d'accomplissement, mais que tout simplement l'existence de
''new-âgeur'' bohème, chercheur esthète vous suffit, alors il n'y a là rien à redire : continuez votre style de vie s'il vous apporte la satisfaction même si cette satisfaction,
estampillée spirituelle, ne vaut pas plus, après tout, que l'écologie militante ou l'apiculture, deux activités honorables et utiles au plus haut point mais qui n'avancent pas l'âme vers
la Libération. L'un n'empêche pas l'autre : il est possible de militer pour un Tibet libre et d'aller sur la voie...
Mais si vous n'êtes pas satisfait de votre existence, que vous sentez plus ou moins confusément, comme on se
souvient d'un rêve, au réveil, sans pouvoir en parler, incapable de mettre le moindre mot pour le décrire, et que vous espérez autre chose que ce que vous connaissez déjà, une ''chose''
fondamentale, essentielle, alors sachez qu'elle se trouve sur la voie et qu'il vous faut faire le premier pas, pour y
marcher.
Jamais l'eau n'ira à l'assoiffé ni la nourriture à l'affamé. C'est à eux de faire le pas. La spiritualité,
comme le macramé, la cuisine, la mécanique, le taï-chi et toutes les activités humaines ne se rêvent pas mais se vivent et pour se vivre il faut le faire.
Madhyama-màrga est une pratique qui repose sur un Agya, un ensemble de trois pratiques. Ces pratiques il faut
les faire pour que ça fonctionne. Il y a la Méditation profonde où l'on utilise les quatre techniques apprises au cours de la révélation. Plus on médite et mieux c'est. Une foi le matin
et une seconde foi le soir est un minimum, si on peut libérer trente minutes ou une heure au milieu de la journée cela n'en sera que mieux.
Il y a le Service qui se pratique entre chaque méditation assise, tout au long de la journée. Deux des
techniques [sur quatre] peuvent se pratiquer dans chaque activité du quotidien. Cette branche, ce pied de l'Agya est essentiel : si on le néglige la méditation assise ne donnera pas les
fruits remarquables qu'elle peut donner et que l'on attend. Ce Service c'est ce que le Zen, le Taoïsme [entre autres] nomment le non-agir.
Il y a le Satsang qui consiste à écouter, lire, dire ou écrire des paroles de Vérité issues de notre
expérience. Le Satsang donne à l'esprit cette nourriture essentielle à la pratique, la motivation, et fait remonter à la surface de la Conscience les fruits de la
méditation.
Si, quand on a reçu la Révélation, on ne pratique pas cet Agya, il est normal qu’elle n'apporte pas ce que
l'on en attendait. Mais rien n'est jamais perdu : il suffit de remettre l'ouvrage sur le métier pour que les choses s'améliorent.
Vous le voyez : la spiritualité demande de faire, demande de
s'impliquer. On ne change pas de vie en ce sens qu'il n'est pas nécessaire de déménager, de quitter son conjoint ou sa conjointe, d'abandonner ses enfants, son travail ni ses amis. Mais
on change de vie quand même, car si on ne doit pas forcément abandonner quelque chose on ajoute, à notre existence, quelque chose : l'Agya.
''Frappe et on
t'ouvrira, demande et on te donnera...''
Ne frappe pas et on ne t'ouvrira pas, ne demande pas et on ne te donnera pas.
|