Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 10:26

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La Màyà, ce nom a de nombreux sens selon la mystique, la religion qui l'utilise. Certains nomment ainsi la déité qui, selon eux, crée l'illusion de la dualité dans le monde phénoménal. Pour d'autres la Màyà serait la nature, pour d'autres encore elle serait le pouvoir dont Dieu userait pour se manifester à nous...Bref ce nom a de très nombreuses acceptions...
 
 
 
Comme, après tout, les mots sont affaire de conventions destinées à se comprendre en donnant les mêmes sens aux mots dont on se sert pour communiquer ; ainsi chaque profession ou milieu socioculturel possède un vocabulaire qui lui est propre, je vais prendre comme base de départ de l'explication que la Madhyama-màrga donne à cette Màyà, le sens qui lui est le plus communément donné ; c'est à dire illusion.
 
 
 
Pour les chercheurs occidentaux qui se sont ouverts aux spiritualités issues des Indes et du Yoga le mot Màyà veut dire l'illusion...L'exemple du reflet dans l'eau est donné souvent : la Màyà serait le reflet de la vérité comme on peut voir le reflet du monde à la surface de l'eau d'un étang.
 
 
 
Ainsi les mystiques ascètes les plus zélés méprisent-ils le monde où ils vivent le tenant pour illusion et ne s'intéressent-ils qu'à la vérité rencontrée dans la méditation, ou non. D'autres, plus sélectifs, ne considèrent comme Màyà que les créations du matérialisme, du mercantilisme, de la finance, des loisirs et de la politique...Sans compter les religions et mystiques qui ne sont pas les leurs...
 
 
 
La Madhyama-màrga a sa propre définition de la Màyà, car pour elle la Màyà existe et fait partie de sa culture et de son vocabulaire. Sa définition la voici :
 
 
 
''La Màyà, ou illusion n'est pas le monde mais la vision du monde vu à travers les yeux du faux-égo.''
 
 
 
L'illusion, car illusion il y a bel et bien, n'est pas le fait du monde, de la création à cause de sa nature phénoménale et limitée dans l'espace et le temps qui le rendrait, comparé à l'éternité du Tao, illusoire et indigne d'intérêt.
 
 
 
Bien sûr que le monde phénoménale où nous vivons est limité dans le temps et dans l'espace : il a été crée et cessera un jour et le volume qu'il occupe dans l'univers est insignifiant comparé à l'infini de l'espace...Mais est-il, pour autant, une illusion ? Non, il est une réalité, réalité éphémère et limitée, mais réalité quand-même...
 
 
 
Le fait de le considérer comme Màyà, illusion indigne d'Amour et d'intérêt est une posture dictée par le faux-égo (ahamkara), habillé de safran...(sous-entendu spirituel). Il est flatteur, dans une société où la spiritualité est une vertu cardinale (en Inde) de mépriser la Màyà en récitant des mantras, assis face au Gange, sur les marches de Bénares avec son tilak sur le front.
 
 
 
Pour les mystiques occidentaux il est de bon ton de mépriser le monde matérialiste en le traitant de Màyà...Cela les pose au dessus de la mêlé et justifie leur dénuement, pas toujours volontaire, dans une société où la réussite, et ses signes, sont le rêve normatif...
 
 
 
En vérité le Monde est un cadeau de l'Un où nous avons le bonheur de vivre et qui est le seul endroit où il nous est possible d'accomplir notre destinée...L'incarnation, la prise d'égo est le seul moyen que l'Un a trouvé pour faire que l'âme prenne conscience et retourne à lui en toute liberté, exerçant son libre-arbitre au profit de sa libération (moksha).
 
 
 
Mais la Màyà existe et elle est vraiment un boulet qui empêche notre réalisation, d'être en conscience du Saint-Nom (Te ou Satnam)...La Màyà est la création, le fantasme, l’aberration suscités par le faux-égo (ahamkara) qui prend notre conscience et lui donne une vision fausse...Comme si il nous posait des verres déformants devant les yeux.
 
 
 
L'illusion suscitée par le faux-égo est multiple : par exemple croire que le travail, la famille, l'acquisition d'une maison et de biens matériels est générateur de bonheur est une illusion. Toutes ces choses (et ces gens) sont utiles, agréables et il est bon d'avoir un logement, de la famille, de la nourriture, des vêtements et ainsi de suite, mais elles n'apporteront pas, à elles seules, le bonheur...
 
 
 
Tout le monde essaie mais combien y arrivent ?...Les bonheurs du monde sont éphémères, comme un feux de paille qui laisserait un tas de cendres froides qu'il nous faudrait manger...
 
 
 
L'argent offre le plaisir, le confort, la jouissance des sens mais absolument pas le bonheur...La pauvreté, le dénuement pas plus...croire ces choses est Màyà ; illusoire. Pour une Marcheuse, un Marcheur (Nom donné à ceux qui suivent l'Agya de la voie) la Màyà est tout ce qui le sort de la conscience du Saint-Nom...
 
 
 
Quand, au contraire, la beauté du monde renvoie le Marcheur au Saint-Nom, en lui, alors cette beauté devient le Lilà de l'Un...Son jeux pour le ramener à lui, en toute liberté et en toute conscience...
 
 
 
Parfois le Lilà de l'Un est ''amicale'' parfois il l'est moins, selon nos critères et le pauvre Job (celui de la Bible) ne dirait pas le contraire...
 
 
 
Il existe d'autres Màyà à chacun de faire sa propre liste...Le phénomène mental de projection est une de ces illusions : lorsque l'on prête à autrui les intentions, les pensées, les craintes, les sentiments qui sont les nôtres. Souvent ce phénomène de projection gâche notre relation à l'autre que nous tenons responsable de ce mal-être, alors que sa source est en nous...
 
 
 
Pour le Marcheur de la voie cette liste n'a aucune importance, seul compte l'Agya, son observance, la grâce et la dévotion...
 
 
 
La Màyà ou l'illusion
Par gian yoganand ji - Publié dans : La voie - Communauté : SPIRITUALITE - SAGESSE
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