Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 15:46

nuit retour paris autoroute
 
 
 
 
 
Un homme roule sur l'autoroute. Il doit aller chercher sa fille à sa descente d'avion. Elle revient d'un pays où elle a passé deux ans. L'entreprise qu'elle avait créée n'a pas fait les profits escomptés. Elle n'a plus d'argent, pas de logement et vient vivre chez lui.
 
 
 
L'homme est partagé entre deux sentiments: le plaisir de revoir sa fille et qu'elle revienne vivre sous son toit et la peine de ce que l'échec pourrait avoir induit, comme déception et mésestime de soi, chez elle.
 
 
 
A un moment, il voit que la jauge de carburant indique que le réservoir est presque vide. L'auto roule sur la réserve. L'homme se dit qu'il doit faire le plein au plus vite. Il regarde devant lui, le bas-côté de l'autoroute, pour surveiller l'apparition d'un panneau indiquant la proximité d'une station service.
 
 
 
Rien pour le moment. Machinalement, il fouille dans la poche intérieure de son veston pour vérifier la présence de son portefeuille. Il ne le trouve pas. Il cherche dans la poche opposée...Rien. Il s'aperçoit alors, qu'il a changé de veste et que son portefeuille est resté chez lui.
 
 
 
Au trouble qui le tenait depuis un moment s'ajoute l'inquiétude et la contrariété. Un panneau indique un aire de repos prochaine. L'homme s'y arrête afin de fouiller la voiture. Il trouve dans la boite à gants un des chéquiers de son épouse.
 
 
 
Aussitôt il reprend sa route en espérant une station service. Il pourra payer son plein avec un chèque de son épouse. Il sait imiter sa signature, tout allait bien se passer: le problème de carburant allait être résolu. C'est alors qu'apparut, dans la lumière de ses phares, un panneau indiquant une station service à vingt kilomètres.
 
 
 
«Vingt kilomètres...Mon alarme de réserve s'est allumée il y a dix minutes...J'ai dû parcourir une vingtaine de kilomètres, plus les vingt à venir, ça nous en fait quarante, j'espère que ça va le faire, il faut que je ralentisse.» pensa notre homme.
 
 
 
Aussitôt décidé, aussitôt fait: il ralentit la vitesse de son auto et se cale sur cent dix km/h afin d'économiser le carburant. Son esprit se projette en avant : il est arrivé à la station service au bout du bout, il n'aurait pas pu aller plus loin.
 
 
 
Il fait le plein de carburant, se rend à la caisse de la station, sort le chéquier et le tend à la personne qui fait les encaissements.
 
 
 
«-Une pièce d'identité s'il vous plaît» Catastrophe! Il n'avait pas pensé à cela...
 
«-Je n'en ai pas : j'ai oublié mon portefeuille dans une autre veste. C'est undes chéquiers de mon épouse qu'elle avait laissé dans la boite à gants. La signature est bonne, je l'imite parfaitement.
 
-Mais il me faut une pièce d'identité, je dois en noter le numéro au dos du chèque!
 
-Je vous dis que je n'ai pas de pièce d'identité. Vous n'avez qu'à téléphoner chez moi! Mon épouse vous confirmera mes dires!
 
-Désolée, j'ai des ordres du patron: je dois vous demander de me présenter une pièce d'identité.
 
-Téléphonez chez moi, mon épouse vous donnera le numéro de sa carte d'identité.
 
-Je n'ai pas le droit de faire comme cela.
 
-Appelez moi votre patron.
 
-Il n'est pas là ce soir.
 
-Comment allons-nous faire alors?
 
-Vous ne pouvez pas repartir avec votre voiture tant que le plein n'est pas payé. Demandez à votre femme de venir.
 
-Mais j'habite loin! Je vais accueillir ma fille à sa descente d'avion, je ne l'ai pas vue depuis deux ans!
 
-Ce n'est pas mon problème, vous n'aviez qu'à ne pas oublier votre portefeuille chez-vous.
 
-Soyez gentille mademoiselle...
 
-Vous croyez que l'on est gentil avec moi, monsieur? J'ai des consignes, je me dois de les respecter. Si vous continuez à faire un scandale j'appelle la gendarmerie...»
 
 
 
Tandis que ce dialogue imaginaire se déroulait dans l'esprit de notre automobiliste, la station-service apparut...Notre homme se gara près de la boutique, sortit de sa voiture en claquant la porte, avança en direction de la caisse et là se mit à invectiver la jeune femme qui se trouvait derrière:
 
 
 
«-Je ne vous permets pas de me parler comme cela! Vous devez vous montrer compréhensible avec les clients, c'est eux qui vous paient votre salaire! Je suis quelqu'un d'honnête et je n'ai pas fait exprès d'oublier mon porte-feuille! Il est inutile d’appeler la gendarmerie!...C'est un scandale, je me plaindrais...»
 
 
 
Vous avez là l'illustration de ce qu'est capable de faire le faux-égo ( màra ) quand on lui laisse la bride sur le cou! Il part, s'échauffe tout seul, sans raison et peut nous entraîner à commettre quelque erreur dommageable pour nous comme pour autrui.
 
 
 
En gardant son esprit attaché à la Conscience du Saint-Nom, on se met à l'abri de ce genre d'épisode. Quand on garde sa Conscience identifiée au faux-égo et que ce faux-égo part en ''roue-libre'', comme souvent, nous sommes entraînés dans sa dérive. C'est ainsi que des gens se tapent dessus pour avoir été doublé dans la circulation. C'est ainsi que d'autres en tuent d'autres pour un coup de klaxonne intempestif.
 
 
 
La Méditation dans l'action, le Service, le non-agir a comme effet de garder notre Conscience attachée à notre vrai-moi, ce moi qui transcende les incarnations et leurs égos et faux-égos respectifs. Quand notre Conscience est dans le Saint-Nom nous sommes protégés et bercés par une douceur infinie qui nous donne la vraie satisfaction.
 
 
 
Dans la vie du Marcheur, ce chercheur qui a accepté de s'investir dans la voie et l'Observance en recevant la révélation, il y a l'Agya: Service/Satsang/Méditation. Il rythme l'existence et englobe chacune de ses facettes dans la Conscience de cette paix-intérieure( Sat chit Ananda ). Il nous met à l'abri du faux-égo et de ses emballements qui, parfois, nous mènent on ne sait où, souvent en des états d'âme qui ne nous sont ni agréables ni bénéfiques.
 
 
 
 
Quand on garde sa Conscience dans le Saint-Nom, par le Service, on ne se coupe pas du monde. On ne devient pas une espèce de zombi, bien au contraire: on est pleinement dans ce que l'on fait et dans le monde en jouissant de sa Vérité, au delà des apparences.
 
 
 
Ainsi on est à 100% dans que l'on fait, dans la réalité factuelle et objective ( la claire-vision ), pas dans cette fausse-réalité ( ou maya) à la ''sauce-màra'', cette réalité travestie par des émotions hors de contrôle et des concepts séduisants, avec l'apparence de la réalité et de la raison mais qui ne sont que des leurres qui ne se nourrissent que d'eux même et ne mènent qu'à eux, labyrinthe en ''cul-de-sac'' chargé de nous laisser là où nous sommes.
 
 
 
 
 
Les délires de màra
Par gian yoganand ji - Publié dans : contes et paraboles - Communauté : SPIRITUALITE - SAGESSE
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