Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 09:31

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La paix est l'état d'être le plus proche de la véritable nature humaine, la paix intérieure. En considérant notre existence et en voyant celle de nos proches, ou connaissances, cette assertion peut paraître fausse. En effet la confusion, le doute, la peur, le désarroi, la colère et l'incompréhension semblent mieux caractériser la nature humaine que la paix et l'Amour. Pourtant, aussi incroyable que cela peut paraître c'est la Vérité : l'état de paix intérieure est le fond de la nature humaine et ce qui est le plus simple à trouver, le plus proche de nous.
 
 
 
 
 
Pour être dans la confusion, le doute, la peur, le désarroi, la colère et l'incompréhension il faut se tourner vers le monde où nous sommes, vers nos contemporains et tisser des liens; inter-agir. Tandis que pour vivre l'état de paix intérieure et ressentir l'Amour il suffit de se tourner, ou plutôt de se retourner en soi. L'intérieur de soi est plus proche de nous que l’extérieur de l'autre !
 
 
 
 
 
Pourtant peu de gens parviennent à la paix intérieure ou, s'ils la vivent un peu, ne peuvent la reproduire à ''volonté'' et faire que cet état soit celui ''par-défaut'' de notre Conscience. Comment comprendre, expliquer ce qui semble un paradoxe ? Le propos de la Madhyama-màrga n'est pas d'expliquer la raison de notre incapacité à vivre en paix : il n'y a pas qu'une raison, qu'une cause mais un ensemble de raisons et de causes et en dresser la liste exhaustive serait long et inutile. Pourtant il y a une source unique à cette incapacité à connaître cette paix simple qui nous est naturellement due...
 
 
 
 
 
Le propos de ce texte n'est pas d'expliciter cette source mais de mettre l'accent sur une cause, parmi d'autres, de souffrance, de frustration. Cette cause c'est la confusion que l'on peut faire entre les désirs et les besoins. Certains se laissent aller à la dérive sur l'incessant flot de leurs désirs, accros à la consommation comme on l'est de drogue, d'alcool, de tabac et de jeux...Ceux là ne sont pas frustrés tant qu'ils ont l'argent nécessaire à l'assouvissement de leur dépendance...Pour ceux qui ont un petit revenu, en inadéquation avec leurs désirs, la frustration est au rendez-vous et la souffrance les torture...Certains se mettent dans des situation inextricables d'endettement, de mal-être conjugal, familiale et professionnel.
 
 
 
 
 
La course à la consommation construit des existences vouées à l'échec, à la frustration, à la dévalorisation de sa propre image et induit des comportements dangereux socialement qui peuvent conduire aux pires extrémités. La vie est si simple et certains se la compliquent tellement !
 
 
 
 
 
D'autres vont dans un excès inverse : ils se privent de tout afin d'atteindre un ''détachement'' qu'ils croient propice à la Réalisation sur le chemin vers la Libération. Des anachorètes restent enfermés dans des ermitages, en haut de montagnes, et ne mangent que du pràna (sic)...Ou quelques rares nourritures que des admirateurs leur amènent de temps en temps.
 
 
 
 
 
A ces ''jeux'' on expérimente des états de conscience modifiée, mais ces états sont-ils vrais ou illusoires et contre-productifs ? Parfois ils expérimentent, à force de privation et de souffrance, de spectaculaires états, mais tout ce qui est spectaculaire, voir ''miraculeux'' est-il le signe de la Vérité ? Imaginez que le diable, comme Dieu, existe...Le croyez-vous incapable, le diable, de faire des ''miracles'' ? Il faut, là comme en tout, ''savoir raison garder ''...
 
 
 
 
 
Il est des besoins essentiels qu'il faut travailler à satisfaire et qui relèvent du dharma incontournable, comme un Agya fondamental : en partant du postulat que ''le corps est le temple de Dieu'' il faut traiter son corps au moins aussi bien que des croyants traitent et entretiennent leur temple, mosquée, synagogue ou autre église.
 
 
 
 
 
Le corps a des besoins essentiels comme de boire, de manger, de dormir, de s'abriter, de s'habiller et de se soigner. Le mental [qui est son ''ordinateur-de-bord''] a d'autres besoins comme dormir [rêver], manger, apprendre, se divertir, aimer...
 
 
 
 
 
Il faut bien trier les besoins et les désirs. Posséder un écran plasma de deux mètres, une maison d'architecte de trois cent mètres carrés, une voiture de 500 chevaux etc...relève de la satisfaction des désirs, pas des besoins.
 
 
 
 
 
La différence entre les besoins et les désirs c'est que l'on peut satisfaire un besoin, pas un désir : un désir chasse l'autre, quand on a mangé on n'a plus faim...Provisoirement. Quand on a soif et que l'on boit on n'a plus soif...Provisoirement. Mais ni la faim ni la soif ne vont crescendo...Le désir viendra mettre sa bouteille de champagne et son caviar dans l'affaire.
 
 
 
 
 
Si on est désireux d'aller sur une voie spirituelle, faite de la Vérité et menant à la Libération, en compagnie de l'Amour que l'Un nous porte, il faudra satisfaire nos besoins, comme un dharma mais éviter d'aller se mettre dans l'engrenage sans fin des désirs...''Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon". Refuser d'adorer le veau d'or...''Il est plus facile à un chameau de passer par le chas d'une aiguille qu'à un riche d'entrer au Royaume des Cieux...'' tu n'adorera qu'un seul Dieu...''
 
 
 
 
 
L'Argent, la richesse, les possessions amassées inutilement pour suivre la folle course de nos désirs, c'est cela adorer le veaux d'or, mammon et un autre Dieu : le Dieu argent. On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre. Si vous êtes désireux de spiritualité vraie il faut faire un choix et choisir c'est toujours abandonner des choses pour en gagner d'autres.
 
 
 
 
 
La tempérance, la frugalité ne sont pas la misère...Mettre en premier son accomplissement. La consommation effrénée n'apporte aucun vrai bonheur. Il ne s'agit pas de manquer de tout, encore une foi, mais il s'agit d'aller ''pour de vrai'' sur les chemins de l'Un et d'y trouver ; enfin, la paix et son Amour. Inutile d'avoir une Porsche ni une propriété au bord de la méditerranée pour cela.
 
 
 
 
 
Il ne s'agit pas de jeter l’opprobre sur les nantis, mais il faut qu'ils le sachent : ''on ne peut servir Dieu et Mammon'' et de faire venir un coach, hors de prix, au bord de sa piscine n'y changera rien. On peut se tromper soi-même, pas l'Un. Les faits sont têtus : ne pas refréner la ronde de ses désirs nous empêche de trouver cette paix intérieure où réside le Saint-Nom...Ce n'est pas une affaire morale, c'est un fait : quand on se plonge dans l'eau on en ressort mouillé. Si cela ne gênait pas ce serait différent, mais cela gêne, vraiment.
 
 
 
 
 
Si un riche reçoit la Révélation et s'assied en méditation, il verra la Lumière, entendra la Musique et ressentira le Saint-Nom, car l'Un ne juge ni ne traite personne selon ses mérites: il s'offre à ceux qui s'offrent. Non, le problème est qu'un riche ne demandera pas la révélation et ne la recevra donc pas. Il a d'autres centres d'intérêt...
 
 
 
 
 
Être propriétaire et payer au comptant sa maison n'empêche pas d'aller à la Vérité, il n'est pas nécessaire d'être locataire d'une HLM de lointaine banlieue ou, pire, SDF. Avoir plusieurs maisons délirantes de richesses, avec héliport, piscine à grottes, terrain de tennis etc...Qui restent inoccupées les trois quarts du temps est inutile et contre-productif pour l'évolution spirituelle : on ne peut-être spirituel et, en même temps, matérialiste. Il faut choisir.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les désirs et les besoins
Par gian yoganand ji - Publié dans : spiritualité - Communauté : SPIRITUALITE - SAGESSE
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