Partager l'article ! Les mots ou la tour de Babel.: ...
Sur le blog, dans les Newsletters, sur les forums dédiés à la spiritualité, il
est question de la voie (vers
l'éveil). Pour expliquer cette voie, ou simplement
signaler son existence, des mots, des phrases sont utilisés. Comment faire autrement ? Nous savons bien les limites de ce type d'expression : comment faire passer, par le biais
de l'écrit, le vécu de quoique ce soit, à fortiori de cette voie ?
Les mots ont une vertu: ils permettent de communiquer oralement ou par écrit.
Pour ceux qui ne sont pas télépathes (c'est à dire nous tous)
cette vertu ne manque pas d'intérêt. Les mots ont un vice: ils séparent des gens qui parlent de la même chose mais qui utilisent des mots différents.
Si on parle de la voie en utilisant des mots Sanskrits ou Hindis certains se
diront: « Je ne suis pas attiré par les religions
orientales: je suis chrétien » ou bien:
« Je n'aime pas l’hindouisme
» ou diront qu'il n'est pas nécessaire d'aller en Inde pour y trouver sa
spiritualité, confondant; au passage, le pays (l'Inde) et une des religions qu'il abrite (L’hindouisme) alors qu'il y en a de
nombreuses autres...La chrétienté, l'islam, le Sikhisme, le Jaïnisme, le Bouddhisme, le Zoroastrisme et de nombreux yogas, qui ne sont pas des religions mais des voies pour se
réaliser.
Si on parle de la voie en utilisant exclusivement des mots de notre
langue beaucoup vont discuter de ces mots, de leurs sens et
la polémique naîtra, car tous les mots sont sujets à de nombreuses interprétations. Entre le sens littéral, originel d'un mot et ses divers sens dérivés, connus ou inconnus, sans compter
l'utilisation ou la compréhension erronée du mot, se trouvent des hiatus où la compréhension se perd.
Chacun d'entre nous comprend les mots en fonction de ce qu'il sait et de ce
qu'il croit : si j'utilise le mot: bon, en parlant d'un goût, il ne suscitera pas la même image mentale chez chacun. Certains aiment les goûts amers,
d'autres les détestent, même chose pour le sucré, le salé, l'acide etc...Donc dire que quelque chose est bon ne mettra personne d'accord. Imaginez avec le mot;
Dieu et âme
! Les athées vont bondir et se moquer, pourtant la voie vers l'éveil ne leur est
pas fermée.
L'avantage des mots hindis ; à ce propos, est qu'ils sont inconnus de la
plupart des gens, chez nous, et qu'il suffit d'en expliquer le sens en fonction de nos acceptions pour qu'ils soient compris de tout le monde de la même façon...
Mais alors on retombera dans le travers décrit plus haut: certains vont se dire:
« Je ne suis pas attiré par
l'orientalisme » dommage: la voie est
bonne aussi pour ceux-là. Imaginons ; tout de même, que nous nous soyons mis d'accord sur le vocabulaire et le sens des mots, on se disputera tout de même sur les concepts décrits
par ces mots sur lesquels nous sommes tombés d'accord.
Quand on a mangé un fruit inconnu de la plupart et que l'on veux décrire cette
expérience, et le goût de ce fruit, imaginez dans quelle problématique on se trouve: comment décrire le goût d'une goyave, ou d'une mangue, à ceux qui ne le connaissent pas ? Imaginez la
difficulté qu'il y a à raconter son expérience d'une relation directe avec Bhagavàna en nous grâce à la méditation !
Déjà la plupart des gens, en France, ne connaît pas le sens du mot
Bhagavàna et le mot méditation a presque autant de sens qu'il a de lecteurs. Pour certains la méditation est une réflexion tranquille et focalisée sur un sujet. Pour d'autres
c'est un relâchement complet de son esprit permettant au calme, ainsi crée en soi, de laisser venir des compréhensions nouvelles, sur des sujets profonds. D'autres encore se serviront de
mots inlassablement répétés tels des mantras ou le rosaire, pour les catholiques. Les musulmans ont eux même un chapelet de perles qu'ils égrènent en disant les différents noms de Dieu,
ainsi que les hindouistes ou les Bouddhistes.
Pourtant il faut bien communiquer et utiliser les mots. En règle générale
j'évite d'entrer dans les polémiques sur les mots, car ces polémiques sont comme des boites qui renfermeraient d'autres boites, qui en refermeraient encore d'autres et ainsi de suite, à
l'infini.
Cela peut-être un jeux agréable, pour des polémistes courtois qui aiment cet
exercice et s'y amusent comme le faisaient les anciens Grecs sur l'agora. L'important, quand on parle aux chercheurs de la voie, ce ne sont pas les mots eux même, dans leur structure
étymologique et lexicale, l'important c'est le contenu des mots, car les mots sont les contenants; la bouteille, et le sens en est le contenu ; le breuvage, et
''qu'importe le contenant pourvu qu'on ai
l'ivresse''...
Il faut, nécessairement, définir un vocabulaire et lui donner un sens qui soit;
non pas indiscutable, mais indiscuté pour avancer dans la description et l'explication d'un sujet comme la voie. C'est ce que l'on nomme une convention. Celui qui émet une info, qui
explique une notion inconnue de son auditoire ou de son lectorat c'est lui qui est comme l'hôte qui reçoit. Les hôtes qui sont reçus doivent respecter le vocabulaire de ceux qui le
reçoivent. Cela fait partie des lois de l'hospitalité.
Quand je vais en Allemagne, dans un débit de boisson, et que je désire un thé,
je commande ein schwarze tee (un thé noir) sinon on me servira une infusion...C'est ainsi : c'est au visiteur de se plier au langage de ses hôtes.
Le Satsang est là pour cela: il se sert de mots qui ne sont là que pour nourrir
notre mental (dans le sens d'intelligence) afin de transporter un feeling capable de faire
vibrer, chez le chercheur, une corde qu'il ne ressentait plus vibrer. L'impact du Satsang, chez le chercheur, aura plus ou moins de force en fonction de la proximité où il se trouve
d'accepter la saca.
Quand je suis sur un forum et que je partage avec les autres, si mes propos, à
cause des mots, suscitent des polémiques, j'évite d'y entrer et de chercher à convaincre: c'est peine perdue et on ne fera pas cesser une polémique en entrant dedans.
Dans les textes du blog des mots sont utilisés acceptez les pour ce qu'ils sont.
Je cherche, pour ma part, à simplifier au maximum afin d'être compris de tous, ce qui chagrine, parfois, les exégètes de l'ésotérisme et du mysticisme qui considèrent que la vulgarisation
est vulgaire, préférant, comme les docteurs, l'utilisation de leur sabir, jaloux de leurs connaissances. Que l'on écrive :
'' Quiconque en Moi prend refuge, ô fils de Prithâ, fut-il de basse naissance,
une femme, un vaisya, ou même un shûdra, peut atteindre le but suprême ''.
Ou :
'' Quiconque en l'Un prend refuge peut atteindre le but suprême quel que soit sa naissance et son statut social ''
Ne change rien au sens, au message, mais la deuxième façon est tout de même plus à la portée
de tous que la première.
Au fait: Bhagavàna veut dire: Dieu et saca:
vérité...
Mahatma Gian yoganand ji.
|