la Madhyama-màrga: présentation.

 
 
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Qu'est-ce que la voie, ou Madhyama-mārga, dont il est question sur ce blog ? Il est difficile de résumer ce sujet. Si on qualifiait la voie de yoga, on pourrait y mettre la connotation réductrice d'une sorte de gymnastique de l'esprit et du corps visant à nous faire retrouver une harmonie d'être, mise en danger par le stress et les angoisses liés à notre vie moderne. Cette compréhension du yoga, comme un fitness new-age est réductrice.
 
 
 
Si on qualifie la voie de religion on pourrait y mettre des connotations liées à l'histoire des religions monothéistes avec ce qu'elle a pu avoir de négatif en terme d'intolérance, de croyances aveugles et de dogmes parfois choquants pour un esprit Cartésien, même s'il serait parfaitement injuste de réduire ces religions aux perversions dont elles ont été les premières victimes à cause de courants intolérants et sectaires.
 
 
 
La Madhyama-màrga est, en fait,un yoga plus connu sous le nom de trimàrga qui, pour la plupart des gens est une voie [dite de la libération] qui regroupe trois différents yogas [qui seront décrits un peu plus loin].Le yoga a été codifié à partir de Patanjali, deux cent ans après Jésus-Christ, dans les yoga-Sùtras, mais il existait depuis bien plus longtemps: il existait avant même les Védas [ce point de vue n'est pas partagé par tout le monde, beaucoup pensent que le yoga a été ''inventé'' par les inspirateurs des Védas]. On retrouve des traces iconographiques du yoga sur des céramiques datant de cinq milles ans avant notre ère [fouilles de Mohenjo-Daro par John Marshall en 1928] alors que les Védas ne sont âgées ''que'' d'environ 1800 ans avant notre ère..
 
 
 
La trimàrga est composée des trois yogas suivants :
 
 
 
-Jnâna-yoga.
 
-Karma-yoga.
 
-Bhakti-yoga.
 
 
 
La pratique de la Madhyama-màrga repose sur trois pieds essentiels dont l'ensemble se nomme l'Agya. L'un de ces pieds est la Méditation [dans l'acception de contemplation profonde sans réflexion intellectuelle, comme dans le zazen].
 
 
 
Cette méditation se pratique, en général, le soir avant le coucher et le matin avant d'entamer sa journée. Il n'est pas interdit de méditer au milieu de la journée pour les plus '' gourmands '' quand on en a le temps et le lieu. C'est en méditant de cette façon formelle que le pratiquant oriente sa Conscience vers l'intérieur dans un ''travail'' de recentrage. La méditation correspond au jnana-yoga, la connaissance étant, ici, comprise comme Connaissance de soi. Cette Connaissance s'obtenant par la méditation.
 
 
 
Le karma-yoga est le yoga de l'action. Son but consiste à réaliser la gratuité et le désintéressement total de l'action. Là encore il y a un des trois pieds dela Madhyama-màrga qui correspond au karma-yoga, c'est la méditation active ou le Service. Une technique permet de méditer tout en faisant nos tâches quotidiennes parfaitement et en gardant l'esprit maîtrisé. Le zen est habitué à ces pratiques.
 
 
 
Le Bhakti-yoga est le yoga de la dévotion et de l'amour. Il s'agit de faire disparaître la différence entre l'être imparfait que nous avons conscience d'être et la perfection absolue que nous désirons réaliser en nous-mêmes. Dans les formes mineures du Bhakti-yoga, le yoguin personnifie son idéal en un Dieu qu'il façonne à son gré [ishta-devata] et s'efforce d'arriver avec lui à une union totale par la voie de l'amour et de l'adoration. Dans les formes supérieures du Bhakti-yoga le yoguin s'élève au niveau de la Réalisation de sa nature divine.
 
 
 
Il conserve intacte et vive la flamme de l'amour humain en la libérant de tout attachement pour atteindre finalement la gratuité totale. Au sommet du Bhakti-yoga, se trouve le Para-Bhakti. A cette étape il n'y a plus de dualité entre l'adorateur et l'objet de son culte. Le yoguin atteint l'état d'amour «qui est sa propre éternité» [Krishnamurti].
 
 
 
Il y a dans la Madhyama-màrga un véritable attachement spirituel à la dévotion [bhakti]. Cette dévotion n'est pas demandée au pratiquant par des pratiques particulières : elle vient, ou non, par la pratique de la méditation et du Service à cause de la reconnaissance éprouvée quand le pratiquant rencontre la Grâce qui est en lui.
 
 
 
Les origines du yoga remonte à l'origine des Védas et viennent de plus loin encore. Nous y voyons ses traces dans les influences védiques d'origines Suméro-dravidiennes, iraniennes. Le Zend-Avesta iranien rend hommage au ''Dieu de Lumière cosmique''. Le Vishnou védique était l'omnipénétration de la Lumière.
 
 
 
Les Védas sont considérés comme des enseignements révélés par des sages ou Voyants. La racine sanskrite du terme Védas est la même que celle du verbe voir. Il est à noter que nous retrouvons la même exigence d'un ''art-de-voir'' dans la doctrine du bouddhisme Mahayana, du bouddhisme Ch'an et du Zen.
 
 
 
Dans notre pratique la notion devoir et de Lumière est une réalité tangible car dans notre méditation, une des quatre techniques est consacrée à cette Lumière. Certains parlent de syncrétisme en décrivant la Madhyama-màrga ce qui n'est pas tout à fait vrai en ce sens que nous ne travaillons pas à faire un mixe de toutes les spiritualités. C'est simplement que toutes les spiritualités sont autant de chemins qui gravissent la même montagne . Chaque chemin à son code, son vocabulaire et ses concepts selon le pays dont il est issu et l'époque où il a été tracé.
 
 
 
 
 
Le pratiquant de ''notre'' yoga reconnaîtra son essence dans les paroles du Christ, qui ont été rapportées par les apôtres dans les évangiles. Il la reconnaîtra également dans les paroles de Socrate, rapportées par Platon et dans la vie de Sri Gautama. La Vérité contenues en tous ces enseignements n'est la propriété d'aucune époque, d'aucun pays, d'aucune religion et d'aucune philosophie mais elle est contenue en toute pratique qui mène au vrai, en l'homme.
 
 
 
Parfois nous nommons la Madhyama-màrga la voie, sous entendant du milieu [c'est le sens du mot sanskrit] Cette voie n'est pas la voie médiane décrite par le Bouddhisme mais ce nom, pour nous, se réfère simplement à la notion de passer au travers, de réunir par le milieu les trois yogas de la trimàrga, comme une cordelette réunis des perles, pour ne plus en faire qu'un, désigné sous le vocable d'Agya.
 
 
 
Ce nom de Madhyama-màrga a été donné afin de simplifier la mention de cette pratique, évitant de nommer, à chaque fois, les trois yogas faisant la trimàrga. Nous aurions pu nommer ce yoga trimàrga, sauf que la trimàrga est formé de trois yogas qui se pratiquent indépendamment. La Madhyama-màrga, par le moyen de l'Agya, fait de ces trois yogas une pratique unique et quotidienne.
 
 
 
Krishna, dans la bhagavad-Gîtà parlait, à Arjunà, de ces trois yogas pratiqués ensembles. Pour ainsi dire, Krishna parlait de ce que nous nommons la Madhyama-màrga.
 
 
 
 
 
 
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